Dans un discours prononcé à l'occasion de l'ouverture du forum international organisé pour marquer le cinquième anniversaire du Plan d'action de Fès, le mercredi 20 juillet 2022 au matin à Fès, le ministre de la Justice, M. Abdellatif Wahbi, (a passé en revue) les efforts déployés par le Royaume pour prévenir l'incitation à la violence et les discours de haine ou l'incitation à ceux-ci, à travers ses réalisations sur le terrain dans divers domaines : religieux, sécuritaire, législatif, des droits de l'homme, culturel et du développement.
Le ministre a souligné que, conformément à l'esprit et aux objectifs de ce plan, le Royaume du Maroc a continué, au cours des cinq dernières années, à concrétiser sa volonté inébranlable de lutter contre toute forme d'extrémisme ou de propagation de discours de haine ou d'incitation à la haine, de sorte que, dans le domaine de la gestion des affaires religieuses, et afin de renforcer son approche nationale visant à diffuser les valeurs de modération religieuse, de centrisme, de tolérance et de rejet de la violence, les efforts de réforme et de restructuration du domaine religieux se poursuivent à travers des programmes de formation et de qualification des imams et des guides religieux, hommes et femmes, concernant les fonctions sociales des mosquées, et de faciliter la diffusion d’une compréhension juste et saine d’un islam ouvert et modéré.
Dans le même contexte, précise le ministre, de nouvelles initiatives ont été prises, notamment la révision des programmes et des cursus d'éducation religieuse dans les établissements d'enseignement et de formation publics et privés dispensant un enseignement traditionnel, Tout comme l'université Al-Qarawiyyin a été réorganisée, ses missions redéfinies et son système d'études et de formation renouvelé, dans le but de renforcer son rôle dans la diffusion de la jurisprudence malikite et de l'histoire du Maroc, ainsi que dans la communication avec l'extérieur, compte tenu de sa place historique en tant qu'institution dédiée aux sciences religieuses, aux études, à la pensée et à la civilisation islamiques.
De plus, le ministre a déclaré : « Le Royaume du Maroc a poursuivi son engagement sérieux dans la lutte contre le discours extrémiste et la limitation de sa propagation, à travers les rencontres et les colloques que les institutions compétentes n’ont cessé d’organiser, de soutenir ou auxquels elles ont participé, comme le premier forum des oulémas modérés sur la prévention de l’extrémisme violent organisé en 2016, l’accueil du colloque de suivi du Plan de Rabat +5 en décembre 2017, le quatrième colloque international de l’Instance permanente et indépendante des droits de l’homme de l’Organisation de la coopération islamique sur le thème « Le rôle des médias dans la lutte contre le discours de haine » fin 2017, ainsi que la participation au cinquième colloque international de cette même instance sur le thème : «Le rôle de l’islamophobie : violation des droits de l’homme et manifestation contemporaine du racisme », à Istanbul en 2018 ».

Dans ce même cadre, ajoute le ministre, « compte tenu des différents défis que pose désormais l’extrémisme et de la nécessité d’un renouveau du discours religieux qui en découle, le Royaume du Maroc a poursuivi ses efforts en tant que pays africain à travers plusieurs initiatives de qualité visant à faire connaître et à diffuser son modèle de pratique religieuse, ainsi qu’à consolider les voies de coopération et d’échange d’expériences, La plus importante d’entre elles a été la création, en 2017, du Conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI pour les oulémas africains, afin de coordonner les efforts des oulémas pour faire connaître la véritable image de la religion islamique et ses valeurs fondées sur la modération, la tolérance et la coexistence, et de les mettre au service de la sécurité, de la stabilité et du développement ».
Dans ce même contexte, le ministre de la Justice a rappelé l'engagement sérieux et responsable de la Royaume dans la mise en œuvre de la Stratégie mondiale des Nations unies contre le terrorisme, la Royaume ayant accumulé une expertise nationale en la matière qui en a fait un modèle de référence pour de nombreux pays, ce qui a permis de poursuivre la mise en œuvre d’une politique de sécurité efficace fondée sur la vigilance, la surveillance, l’anticipation et la prévention des actes de terrorisme et d’extrémisme violent, ainsi que sur la lutte contre les effets de ce fléau et l’élimination de ses risques, Il a souligné que la stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme a dépassé le simple cadre sécuritaire pour s’orienter vers le développement des capacités et l’offre de formations visant à combattre ce phénomène et à faciliter les processus de persuasion, de correction et de réorientation, ce qui a récemment abouti à la création au Maroc d’un bureau du Programme de lutte contre le terrorisme et de formation en Afrique, rattaché au Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme, dans le but de renforcer les capacités des États membres à élaborer des programmes nationaux de formation dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.
Dans le même ordre d'idées, le ministre de la Justice a évoqué la poursuite de la mise en œuvre du programme « Messaalah », lancé en 2017 pour accompagner et encadrer les détenus incarcérés pour des affaires de terrorisme et d’extrémisme, le qualifiant de programme exemplaire auquel participent des acteurs institutionnels dans les domaines de la réadaptation psychologique, de la connaissance religieuse modérée, de la réinsertion et des droits de l’homme.
Le ministre a évoqué la poursuite par le Royaume du Maroc de ses chantiers de réforme visant à mettre en place un cadre législatif national conforme à la Constitution, qui érige en infraction pénale toutes les violations graves des droits de l'homme, et conforme au droit international des droits de l’homme, en particulier aux conventions internationales auxquelles le Maroc est partie. Il a précisé à cet égard que les textes juridiques relatifs à la liberté de la presse, de publication, de pensée, d’opinion et d’expression ont été révisés, tout comme les textes relatifs au système pénal, et ce, dans un but de réforme et d’harmonisation législative en ce qui concerne les crimes d’incitation à la haine, de discrimination raciale, de terrorisme, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide, de torture, ou leur apologie, ainsi que la discrimination fondée sur la religion, le sexe ou la couleur de peau.
Khadija Al-Rahali