« Je vous prie, lorsque nous débattons de la loi de finances, de parler dans un esprit patriotique, loin du langage des calculs politiques. » C'est en ces termes que le député Salah Eddine Abou El-Ghali, président de la section du groupe parlementaire « Authenticité et Modernité » au sein de la commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, s'est adressé au ministre des Finances, Mohamed Benchaaboun, dans l’après-midi du mardi 29 octobre 2019, lors de la séance de débat général sur le projet de loi de finances 2020.
Le député du PAM, Abou El-Ghali, a entamé son intervention musclée en s’adressant personnellement au ministre des Finances : « Vous pensez peut-être, en venant ici aujourd’hui pour débattre, que vous avez l’habitude d’entendre des critiques et de faire passer ce que vous voulez » ; avant de poursuivre d’un ton furieux : « « Oui, mais le peuple marocain est opprimé et la coupe est pleine, à en juger par les chiffres et les indicateurs ». Abu Al-Ghali a poursuivi en déclarant : « Les indicateurs dont il est question ici ne sont pas ceux que vous mettez récemment en avant dans les médias concernant l’indice de facilité de faire des affaires ; nous parlons plutôt des autres chiffres catastrophiques que vous omettez de mentionner et que nous allons vous rappeler ».
Avant d'aborder le contenu du nouveau projet de loi de finances, Abou El-Ghali a également rappelé aux personnes présentes que le Parti de l'authenticité et de la modernité (PAM) exerce son rôle d'opposition depuis 11 ans et qu'il est prêt à rester dans les rangs de l'opposition pendant encore 15 ans, car ses membres sont convaincus que l'opposition est une école ; Il a également nuancé ses propos en indiquant que tous ceux qui prônent la légitimité des partis politiques se font des illusions, en référence à l'intervention du parti à la tête de la majorité gouvernementale, car, selon Abou El-Ghali, les Marocains en ont assez d'un discours dépassé et obsolète ; Tout en soulignant qu’ils sont prêts à ressasser ce débat stérile et à ressortir les archives du parti au Maroc pour expliquer comment il est né et comment il s’est lancé dans l’arène politique.
Youssef Al-Amadi