Mustapha El Jay, économiste et membre du Conseil national du Parti de l'authenticité et de la modernité (PAM), a affirmé, lors d'une réunion de dialogue organisée ce samedi 2 novembre 2019 au siège du secrétariat régional du parti à Casablanca-Settat, que le projet de loi de finances 2020 n'est pas à la hauteur et ne répond pas aux aspirations des Marocains, d'autant plus qu'il s'agit d'une loi comptable et non d'une loi de développement, puisqu'elle ne vise pas à créer de la richesse et à la partager avec les Marocains, s'interrogeant sur les conséquences sociales et économiques des politiques menées par le gouvernement ces dernières années sur le citoyen marocain.
Lors de cette réunion de communication consacrée au thème « les dernières évolutions du projet de loi de finances 2020 », que Sa Majesté le roi Mohammed VI avait donné ses instructions royales lors de l’ouverture de la session législative actuelle concernant les priorités que le gouvernement devait traiter avec le plus grand sérieux, parmi lesquelles le soutien aux entreprises et le rôle que les banques peuvent jouer pour relancer l’économie du Royaume, et par conséquent l’intégration des jeunes sur le marché du travail.

L'économiste a refusé de qualifier le projet de loi de finances 2020 de « projet de finances sociales » au vu de son contenu, en invoquant une série de dysfonctionnements qui ne contribueront pas à résoudre les problèmes majeurs auxquels est confronté le citoyen marocain, notamment le chômage, soulignant que le Maroc ne pourrait pas résoudre ce problème même s'il enregistrait un taux de croissance de 5,5 % pendant dix années consécutives, car le taux de chômage au Maroc dépasse les 40 %.
Dans le même ordre d'idées, El-Ghai a souligné que le Maroc devait changer son modèle de développement en raison de ses conséquences désastreuses, d'autant plus qu'il repose sur la demande. Il faut donc le réorienter vers le principe de l'offre et, par conséquent, s'orienter vers l'industrialisation, à l'instar de nombreux pays qui ont définitivement surmonté leurs difficultés grâce à l'adoption d'un nouveau modèle de développement dont l'industrialisation constitue la colonne vertébrale.
Un membre du Conseil national du PAM a également qualifié de « désastreuse » la gestion et la gouvernance du gouvernement dans de nombreux secteurs, tels que l'éducation et la santé, et a insisté sur la nécessité d'adopter des solutions exemplaires pour alléger la charge qui pèse sur l'État, notamment par la mise en place d'une série de mesures, dont la plus importante reste le recours au secteur privé.
Al-Jai a conclu en affirmant que les jeunes ne peuvent contribuer à l'économie nationale que si toutes les conditions nécessaires y sont réunies, et non par une augmentation des impôts, qui causerait inévitablement de nombreux problèmes aux commerçants, aux petits entrepreneurs et aux jeunes.
Ibrahim Al-Sabbar