Le député Abdelatif Al-Zaïm a tenu une réunion de travail avec la directrice régionale de la santé, au siège de la direction à Marrakech, afin d'examiner une série de questions relatives aux services de santé publique dans la province de Rehamna.
Lors de cette rencontre, le dirigeant a passé en revue l'ensemble des contraintes et des lacunes dont souffre le système de santé de la province de Rehamna, auxquelles il convient de remédier afin d'améliorer la qualité des services de santé dans la province.
L'examen de ces contraintes a suscité une réaction positive de la part de la directrice régionale ; parmi les établissements concernés figure l'hôpital régional de Bab N'Jir, qui souffre d'un manque de personnel et de cadres médicaux, fonctionne sans directeur depuis longtemps et manque de cadres médicaux et de médecins spécialistes, notamment pédiatrie, où deux médecins ont récemment démissionné, neurologie et gynécologie, sans parler du pharmacien, le service ne comptant qu'un seul pharmacien.
Ce même parlementaire a également dénoncé la médiocrité des équipements médicaux, dont certains sont obsolètes, sans parler des pannes qui affectent d’autres appareils. Le plus important de ces équipements est sans doute l’appareil de radiographie, qui tombe régulièrement en panne en raison de la charge de travail à laquelle il est soumis, d’autant plus que ceux des communes de Skhour al-Rahamna et de Sidi Bouathmane sont hors service, l'absence de permanence des urgences, le fait que les patients soient contraints de se faire soigner loin des centres de santé et de se rendre à l'hôpital régional pour y être pris en charge, avant de retourner au centre de santé pour bénéficier des soins médicaux (le centre de santé du quartier de l'Afrique en est un exemple), ainsi que la capacité d'accueil limitée.
Dans les autres communes de la région, le dirigeant a fait état de l'état déplorable d'un certain nombre de dispensaires et de centres, dont certains sont à l'abandon, d'autres ont fermé leurs portes et d'autres encore ont vu leur personnel médical partir. Le point commun à toutes ces communes reste l'absence de service d'obstétrique, ce qui pousse la plupart des femmes à se rendre à Marrakech, sachant que cette situation soulève des problèmes administratifs liés à l'enregistrement des naissances hors du lieu de résidence. Il suffit de citer l'exemple du dispensaire de la commune de Bouchan, que la sage-femme a quitté faute de matériel de travail nécessaire. Cette question a d'ailleurs fait l'objet d'une question écrite adressée au ministre de la Santé et de la Protection sociale.
Lors de cette même rencontre, le dirigeant a souligné que la situation du secteur de la santé dans la région exigeait de travailler ensemble pour prendre toutes les mesures nécessaires afin d'alléger la pression qui pèse sur l'hôpital régional, notamment en augmentant sa capacité d'accueil en attendant la mise en service du nouvel hôpital, ainsi qu'en assurant le fonctionnement des centres de santé dans les différentes communes à forte densité de population, outre la mise en service des unités médicales des principaux centres de santé de Sidi Bouathmane et de Skhour Al Rahamna, la mise à disposition de certaines spécialités médicales nécessaires et la mise en place d’un service de garde au sein du service d’obstétrique et de gynécologie, afin d’éviter que la plupart des femmes enceintes ne soient transférées vers la ville de Marrakech.
La question des patients atteints d'insuffisance rénale a également été abordée. En effet, bien que la région dispose d'un personnel médical suffisant et des moyens nécessaires, elle manque de lits pour la dialyse des patients. Afin de remédier à ce problème, il convient de doter le centre de lits supplémentaires et de faire appel à un médecin spécialiste pour renforcer l'équipe.
À cela s'ajoutent le problème de la continuité des soins et des urgences, ainsi que celui de l'espacement des rendez-vous médicaux, le manque d'infrastructures sanitaires, en particulier dans les zones rurales, ainsi que la faiblesse des services médicaux liés à la carte RAMED, qui ne répondent pas aux besoins des patients démunis, la capacité d'accueil limitée des centres et unités de santé, le manque de salles d'opération, d'équipements et de matériel nécessaires, et la faiblesse du parc d'ambulances, qui ne couvre pas les besoins urgents de la population de la région.
Il convient de noter que le dirigeant a entamé sa réunion avec la directrice régionale en saluant les efforts déployés par les cadres et l'ensemble du personnel du secteur de la santé pendant la pandémie, une période qui a mis en évidence le rôle essentiel joué par les ressources humaines dans ce secteur pour garantir la continuité des services de santé.
La directrice régionale a également réagi favorablement à une série de propositions et a souligné la nécessité de renforcer le partenariat afin d'améliorer l'offre de soins de santé dans la région de Rehamna.
Ibrahim Al-Sabbar