Aux premières heures de la matinée du mardi 18 mai dernier, un groupe de migrants en situation irrégulière originaires de pays d'Afrique subsaharienne s'est dirigé vers la barrière frontalière séparant les villes de Beni Ansar et de Melilla occupée, dans le cadre d'une tentative collective de franchir ladite barrière.
Selon des médias espagnols, plus de 300 personnes ont tenté d'entrer à Melilla, mais la plupart d'entre elles ont échoué, tandis que 85 personnes, dont une femme, ont réussi à franchir la barrière frontalière.
Cette mesure intervient après que plus de 6 000 personnes ont pénétré à la nage dans la ville occupée de Ceuta entre le lundi 17 et le mardi 18 mai derniers, Les autorités locales ont réagi avec fermeté et, en coordination avec les autorités marocaines, ont jusqu'à présent renvoyé plus de 2 700 personnes déplacées, dans l'attente d'une décision définitive concernant le sort de 1 500 personnes, celles-ci étant mineures.
Les autorités locales de Ceuta occupée sont soumises à une forte pression en raison de l'afflux sans précédent de migrants marocains vers la ville en provenance de Fnideq, ce qui les a poussées à demander au gouvernement central d'envoyer des renforts sécuritaires et militaires pour maîtriser la situation. Dans ce contexte, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s'est rendu dans la région mardi après-midi afin de se rendre compte de près de ce qui s'y passe.
Aux premières heures de la matinée de ce mardi, on a pu observer un déploiement massif de membres de la Garde civile et de l'armée espagnole sur l'ensemble du littoral de Ceuta, où les personnes déplacées ont été traitées avec « brutalité » dans certains cas, et où des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes ont été utilisés afin de rétablir l'ordre « sécuritaire ».
Par ailleurs, les autorités marocaines ont pris l'initiative de déclarer l'état d'urgence et d'instaurer un couvre-feu dans la ville de Fnideq, ainsi que de fermer complètement tous les points de passage menant à Ceuta. Ces mesures ont été accompagnées d'un important renforcement des effectifs de sécurité afin de surveiller la situation sur le terrain et d'empêcher toute nouvelle tentative d'intrusion à Ceuta de la part des personnes déplacées.
Mourad Benali