« Controversé »… Bouazza : le Maroc confronté au paradoxe du « chômage et de la pénurie de main-d'œuvre » dans un contexte de profondes mutations économiques et sociales

Bouazza : l'emploi n'est pas le fait d'un gouvernement, mais un enjeu structurel lié au développement et à l'investissement

Abdelrahim Bouazza, membre du bureau politique du Parti de l'authenticité et de la modernité (PAM) et membre du groupe parlementaire à la Chambre des représentants, a déclaré que la question du chômage au Maroc n'était pas seulement liée au bilan d'un gouvernement sur cinq ou six ans, mais qu'elle constituait l'un des enjeux fondamentaux dans tous les pays du monde, car elle est le véritable indicateur permettant de mesurer l'impact du développement et des investissements publics et privés sur la vie des citoyens.

Les déclarations de Bouazza ont été faites lors de sa participation à l'émission « Controversé » sur la chaîne Medi 1 TV, dans le cadre d'un épisode consacré au thème : « Le chômage entre les chiffres de la Haute Commission de la planification et la réalité quotidienne des familles ».

M. Bouazza a précisé que l'évaluation des politiques économiques repose essentiellement sur leur capacité à créer des emplois et à générer de la croissance, estimant que l'emploi reste le critère le plus important pour mesurer l'impact des investissements et du développement dans un pays.

Il a ajouté que le gouvernement actuel avait lancé plusieurs programmes liés à l'emploi dans des circonstances exceptionnelles et particulièrement difficiles, soulignant que ces programmes s'inscrivaient dans un contexte économique et social difficile, marqué par des crises successives, qu'elles soient liées à la sécheresse ou aux troubles internationaux, au premier rang desquels la guerre russo-ukrainienne.

Il a souligné qu'il existait de réelles contraintes liées aux équilibres financiers et aux engagements internationaux imposés par la conjoncture économique, estimant qu'un certain nombre de crises n'étaient pas imputables au gouvernement.

La sécheresse et l'inefficacité des politiques de gestion de l'eau aggravent le chômage dans les zones rurales et favorisent l'exode vers les villes

Bouazza s'est attardé sur la stratégie nationale de l'eau, estimant que si cette stratégie avait été mise en œuvre telle qu'elle avait été présentée aux Marocains dès 2008, le pays n'aurait pas connu huit années consécutives de sécheresse aux conséquences aussi graves ; il a ajouté que l'absence de mise en œuvre effective d'un certain nombre de projets hydrauliques avait contribué à aggraver le chômage, en particulier dans les zones rurales.

Il a précisé que le secteur agricole est l'un des principaux secteurs capables d'absorber le chômage et de créer des emplois, mais que les années de sécheresse successives et le manque de ressources en eau ont eu un impact direct sur la stabilité de la population rurale et ont poussé un certain nombre de citoyens à migrer vers les villes à la recherche d'un emploi et d'une vie stable.

En revanche, Bouazza a estimé que le dernier rapport de la Haute Commission de la planification, qui faisait état d'une baisse du taux de chômage, constituait un signe positif, mais il a souligné que la crise de l'emploi ne pouvait se résumer uniquement à des chiffres et à des statistiques.

Il a déclaré que la Haute Commission de la planification avait adopté une nouvelle méthodologie, plus précise, pour calculer le taux de chômage, précisant qu'il ne remettait pas en cause les méthodologies adoptées par les institutions constitutionnelles, mais qu'il estimait que chacun se devait de respecter les rapports officiels, qu'ils soient favorables à la majorité ou à l'opposition, car la question de l'emploi concerne tout le monde.

Il a ajouté qu'un certain nombre d'indicateurs liés à l'éducation, au développement et au chômage pouvaient en effet paraître choquants ; il a toutefois souligné que le Maroc avait choisi de faire preuve de transparence dans la présentation des chiffres sociaux et économiques.

Il a déclaré que le Maroc était l'un des rares pays de la région à aborder avec autant de franchise les problèmes du chômage, de la pauvreté et de la précarité, ajoutant : « Quand il y a du chômage, nous le disons ; quand il y a de la pauvreté, nous le disons ; quand il y a de la précarité, nous le disons. »

Il a estimé que ces indicateurs reflétaient l'existence de deux Marocs évoluant à des rythmes différents, précisant qu'il y avait d'un côté un Maroc qui avançait à grands pas, et de l'autre un Maroc dont certaines catégories sociales continuaient de souffrir de problèmes liés à la santé, à l'éducation et à l'emploi.

Il a souligné que les messages lancés par les jeunes, qui réclament des emplois et une amélioration des services sociaux, doivent être pris au sérieux, estimant que ces revendications reflètent des défis réels liés aux disparités territoriales et sociales.

M. Bouazza a souligné que les nouveaux programmes gouvernementaux, au premier rang desquels figure le programme consacré à la mise en œuvre de projets de développement territorial intégré d'un montant de 120 milliards de dirhams, visent principalement à réduire les disparités territoriales et à lutter contre la précarité dans les zones les plus touchées.


La pénurie de main-d'œuvre et la crise des compétences mettent en évidence de profondes dysfonctionnements sur le marché du travail

Il a précisé que les taux de chômage dans certaines régions fragiles pouvaient parfois dépasser 20 et 30 %, estimant que cette réalité constituait le véritable défi auquel le Maroc est confronté aujourd'hui.

Il a souligné que la résolution de ces problèmes ne relevait pas uniquement de la responsabilité du gouvernement, mais exigeait l'implication de divers acteurs, qu'il s'agisse des secteurs publics, des institutions élues, des syndicats, des associations ou de la société civile.

Abordant la question du marché du travail, Bouazza a expliqué qu'un certain nombre de secteurs productifs souffrent aujourd'hui d'une grave pénurie de main-d'œuvre, notamment les secteurs du bâtiment, des travaux publics et de l'agriculture.

Il a déclaré qu'un certain nombre d'entreprises rencontraient désormais de réelles difficultés à trouver de la main-d'œuvre, ce qui entraînait le blocage de certains contrats publics et privés, alors même que d'importants investissements et projets sont en cours de réalisation.

Il a ajouté que le secteur agricole connaissait lui aussi une pénurie de main-d'œuvre, soulignant que certains agriculteurs proposaient désormais des salaires pouvant atteindre 300 dirhams par jour pour la récolte des olives sans parvenir à trouver de travailleurs, alors même que la région de Jebala (à titre d'exemple) est historiquement réputée pour sa production d'olives.

Bouazza a évoqué une visite qu'il a effectuée dans la région de Souss-Massa, où il a signalé l'existence de douars dans lesquels des travailleurs étrangers sont employés dans le secteur agricole, s'interrogeant sur la mesure dans laquelle cette évolution s'inscrit dans un cadre légal et réglementé.

Il a souligné que le problème qui se pose aujourd'hui ne concerne pas seulement la pénurie de main-d'œuvre, mais aussi le manque de compétences et de spécialisations requises par certains grands chantiers, ajoutant qu'un certain nombre de jeunes ne souhaitent plus exercer certains métiers traditionnels.

Il a qualifié ces problèmes de structurels, culturels et sociétaux, estimant que leur résolution ne pouvait se faire uniquement par le biais de programmes ponctuels tels que « Orash » ou « Forsa », mais qu'elle nécessitait des politiques publiques plus approfondies et des programmes à long terme.

Il a également évoqué l'existence de dysfonctionnements sociaux liés à l'aide sociale, précisant que certains travailleurs refusaient de s'inscrire auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale afin de ne pas perdre le bénéfice de certaines aides.

Abordant la question de l'économie nationale, Bouazza a souligné que la relance de certains secteurs productifs se répercute directement sur d'autres secteurs qui y sont liés, précisant que la relance du secteur du ciment, par exemple, a des répercussions sur les secteurs du fer, de l'aluminium et de la menuiserie, ainsi que sur les différents métiers liés à la construction.

Il a déclaré que la hausse de la demande de main-d'œuvre dans certains secteurs avait entraîné une augmentation des salaires, précisant qu'un travailleur qui gagnait auparavant 60 ou 70 dirhams touche aujourd'hui environ 300 dirhams par jour.

Il a indiqué que le nombre de micro-entreprises au Maroc était passé d'environ 255 000 à près de 340 000 en 2024, estimant que cette évolution reflétait une amélioration progressive de l'environnement et du climat économiques.

Il a ajouté que le volume des investissements publics avait dépassé les 340 milliards de dirhams, malgré les différentes crises et contraintes, soulignant que le gouvernement avait maintenu un rythme soutenu en matière d'investissements publics.


L'intelligence artificielle et les « villes des métiers et des compétences »… Le pari du Maroc sur les emplois de demain

Dans ce contexte, il a évoqué le projet du port de Nador Ouest Méditerranée, soulignant qu'un certain nombre d'entreprises internationales associées au projet recherchaient des milliers de travailleurs sans parvenir à trouver suffisamment de main-d'œuvre qualifiée.

Bouazza a estimé que le paradoxe actuel réside dans la coexistence, d'une part, du chômage et, d'autre part, d'une pénurie de main-d'œuvre, ce qui reflète un déséquilibre en matière de formation, de qualification et d'adaptation aux mutations du marché du travail.

Il a souligné l'importance de réformer le système éducatif et d'aligner la formation sur le marché du travail, estimant que l'un des principaux déséquilibres actuels réside dans le manque d'adéquation entre les filières d'études et les besoins de l'économie nationale.

Il a ajouté que les pays développés s'appuient sur la répartition des universités et des établissements de formation spécialisés dans différentes villes, ce qui permet de créer une dynamique économique et scientifique adaptée aux besoins de chaque région.

Il a ajouté que le Maroc avait, pour sa part, commencé à adopter de nouvelles approches en matière d'emploi et de formation, grâce à la coordination entre les différents secteurs gouvernementaux, notamment les ministères de l'Éducation, de l'Intérieur et de l'Emploi, dans le cadre des plans régionaux pour l'emploi.

Dans ce contexte, M. Bouazza a estimé que le projet « Villes des métiers et des compétences », qui s'inscrit dans le cadre des grands projets royaux, constituait une avancée importante vers le développement de la formation professionnelle et son adaptation aux besoins du marché du travail.

Il a précisé que ces villes proposeront des formations spécialisées et adaptées aux mutations économiques et technologiques, soulignant que les résultats de ce projet commenceront à se concrétiser plus clairement au cours des prochaines années.

L'orateur a également évoqué les réformes en cours dans le secteur de la santé, estimant que le Maroc traverse actuellement une phase « proactive » de restructuration du système de santé, qui passe par le renforcement des infrastructures et des équipements ainsi que par l'élargissement de l'offre de soins au niveau régional.

Il a souligné que l'économie mondiale et les mutations technologiques offraient de nouvelles opportunités, notamment dans les domaines liés à la numérisation et à l'intelligence artificielle.

Il a souligné que la transition numérique avait donné naissance à près de 180 nouveaux métiers à l'échelle mondiale, se demandant dans quelle mesure le système de formation marocain était prêt à former des professionnels capables d'accéder à ces nouveaux métiers.

Il a déclaré que l'intelligence artificielle, malgré les défis qu'elle pose pour le marché du travail, peut constituer une opportunité pour créer de nouveaux emplois si elle est mise à profit de manière adéquate.

M. Bouazza a affirmé que le gouvernement assumait ses responsabilités dans ce dossier, mais il a souligné en revanche qu'un certain nombre des dysfonctionnements actuels résultaient d'une accumulation de problèmes et de politiques qui n'avaient pas été mises en œuvre correctement et en temps opportun.

Il a ajouté qu'une grande partie des jeunes, en particulier ceux âgés de 15 à 30 ans, se trouvent aujourd'hui en dehors du marché du travail et sans diplôme, estimant que cette catégorie représente un « véritable danger social » si elle n'est pas prise en charge et intégrée économiquement.

Bouazza a conclu son intervention en soulignant que la lutte contre le chômage et la précarité exigeait la poursuite des réformes publiques, l'accélération de la mise en œuvre des projets de développement et le renforcement des investissements dans l'éducation et la formation, ainsi que la mise en place d'une justice territoriale garantissant que les différentes régions et catégories sociales puissent bénéficier des fruits du développement. Il a estimé que cette question nécessitait une approche nationale globale, loin des calculs politiques étroits.

Mourad Benali

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Composition du bureau exécutif des femmes du PAM

Nom complet L'adjectif La région
Cœurs brisés Présidente de l'Organisation des femmes du PAM mon pays
Nadia Bazendfa Première adjointe mon pays
Samira Saleh Benani Deuxième adjointe Bouclier du Tafilalet
Fatima al-Tousi trésorière mon pays
Lubna Aknchich Première adjointe mon pays
Ibtisam Harma Deuxième adjointe mon pays
Dounia et Dgheiri Rapporteure Rabat
Asmae Barkita Première adjointe Rabat
Lala Islam Badad Deuxième adjointe Rabat

Composition du bureau exécutif des femmes du PAM

Nom complet L'adjectif La région
Cœurs brisés Présidente de l'Organisation des femmes du PAM mon pays
Nadia Bazendfa Première adjointe mon pays
Samira Saleh Benani Deuxième adjointe Bouclier du Tafilalet
Fatima al-Tousi trésorière mon pays
Lubna Aknchich Première adjointe mon pays
Ibtisam Harma Deuxième adjointe mon pays
Dounia et Dgheiri Rapporteure Rabat
Asmae Barkita Première adjointe Rabat
Lala Islam Badad Deuxième adjointe Rabat
Août 2008
Fondation du parti et élection de M. Hassan Benadi au poste de secrétaire général
20-22 février 2009
Tenue du premier congrès national du Parti de l'authenticité et de la modernité, sous le slogan « Une politique avec d'autres valeurs », et élection de M. Cheikh Baidallah au poste de secrétaire général
17-19 février 2012
Tenue du deuxième congrès national, sous le slogan « Ensemble… pour relever les défis », et élection de M. Mostafa Bakouri au poste de secrétaire général du parti
22-24 janvier 2016 :
Tenue du troisième congrès national, sous le slogan : « Le Maroc des régions : un engagement conscient et responsable », et élection de M. Elias Al-Omari au poste de secrétaire général du parti
2018
Tenue d'une session extraordinaire du Conseil national du parti et élection de M. Hakim Benchamach au poste de secrétaire général
7-9 février 2020
Tenue du quatrième congrès national, sous le slogan « Le Maroc pour tous », et élection de M. Abdellatif Wahbi au poste de secrétaire général du parti
19-20 mai 2023
Tenue du congrès national fondateur de l'Organisation des femmes du Parti de l'authenticité et de la modernité, sous le slogan : « L'autonomisation globale des femmes, fondement du développement et de l'égalité », et élection de Mme Qaloub Faitah à la présidence de l'organisation
9-11 février 2024
Tenue du cinquième congrès national du parti, sous le slogan « Se renouveler pour assurer la pérennité », et adoption, pour la première fois au Maroc, d'un mode de direction collective
Décembre 2024
Adhérer à l'Organisation mondiale du libéralisme
26-27 septembre 2025
Tenue du deuxième congrès national de l'Organisation de la jeunesse du Parti de l'authenticité et de la modernité, sous le slogan : « La jeunesse à la barre, l'espoir renaît », et élection de M. Salah Eddine Abqari à la présidence de l'organisation