En attendant la tenue d'une journée d'étude destinée à faire la lumière sur le dossier de la révision du patrimoine de la commune de Rabat, le vice-maire El Bami Aziz Liemini a levé le voile sur une nouvelle série d'irrégularités commises par les conseils municipaux précédents, qui ont entraîné une hémorragie des recettes de la trésorerie communale de Rabat.
C'est avec audace et franchise que Limini s'est exprimé lors de la session ordinaire du Conseil municipal de Rabat du mois de mai, qui s'est tenue récemment à la mairie de Rabat, pour répondre à une question posée par l'un des représentants de l'opposition, en déclarant : « Nous avons régularisé la situation juridique de tous les marchés lorsque j’ai pris la tête du service des biens immobiliers ; j’ai constaté qu’un certain nombre de marchés présentaient de nombreuses infractions », et c’est là que Liemini a révélé des faits scandaleux qu’il a constatés lors de la révision des loyers des commerces appartenant à la commune : «Nous avons constaté que plus de 800 commerces ne s’acquittent pas de leurs obligations, ce qui pose problème ; nous avons également constaté qu’au marché central, certains commerces paient un loyer modique de 200 dirhams, tandis que d’autres paient un loyer élevé de 5 000 dirhams ».
Le maire adjoint Limini a poursuivi : « C'est là que j'ai pris une décision audacieuse : je me suis rendu chez l'exploitant et j'ai mené une nouvelle enquête ; Nous avons constaté que certains exerçaient leur activité dans ce local depuis 15 à 30 ans et avons décidé de nous adresser à l’exploitant plutôt qu’au bénéficiaire. Nous avons découvert que, du côté du bénéficiaire, les choses n’étaient pas en règle : il louait le local de manière abusive, par exemple en versant une redevance de 200 dirhams à la municipalité tout en louant le local pour 5 000 dirhams de manière abusive ».
D'autres exemples ont été révélés par Liemini lorsqu'il a abordé la question des biens immobiliers liés aux commerces de la ville d'Al-Arfan : « Il y a des locaux loués 250 dirhams, alors qu'en réalité, leur propriétaire perçoit plus de 13 000 dirhams par mois en loyer. J'ai mené une enquête approfondie sur tous ces points et je présenterai un rapport à ce sujet. »
Le vice-maire de Lemmine ne s'est pas contenté de dénoncer les problèmes en suspens concernant le dossier des biens immobiliers ; il a également évoqué la préparation, en collaboration avec une commission spécialisée, d'un dossier complet reprenant tous les détails et les infractions constatées à cet égard, Il a promis aux habitants de la ville, aux militants civils présents et aux représentants des médias, lors des travaux de la session ordinaire du Conseil municipal de Rabat, d'organiser une journée d'étude pour discuter du sujet avec les habitants de Rabat.
Youssef Al-Amadi