Lors de la séance de questions orales qui s'est tenue ce mardi 1er décembre 2020, les membres du groupe Authenticité et Modernité au Conseil des conseillers ont abordé plusieurs sujets importants et d'actualité, portant principalement sur la difficulté pour les classes pauvres et moyennes d'accéder à un logement décent, la diminution des espaces verts dans les villes, le respect des normes de qualité dans le logement social, ainsi que la garantie des droits des salariés face aux répercussions de la crise du coronavirus.
C'est ainsi qu'Adil Barakat, chef du groupe PAM au Conseil des conseillers, a mis en avant les plaintes récurrentes des citoyens bénéficiaires de logements sociaux concernant l'absence de normes de qualité, s'interrogeant, à cet égard, sur les mesures prises par le ministère du Territoire national, de l'Aménagement du territoire, du Logement et de la Politique urbaine pour contrôler le respect des normes dans le domaine du logement social.
Barakat a révélé qu'un certain nombre de projets de logements sociaux présentent de belles façades qui témoignent du niveau architectural de notre pays, mais qu'en parallèle, il existe des projets économiques dont la façade n'est pas à l'honneur, soulignant que les Marocains, à qui la Constitution garantit le droit à un logement décent, se retrouvent à vivre dans des appartements qui ressemblent à des boîtes, dépourvus de qualité et d'espaces verts, alors même que l'État contribue aux côtés des investisseurs dans un esprit de solidarité. Il a insisté sur le fait que le Maroc d'aujourd'hui a besoin d'entreprises immobilières citoyennes et de promoteurs immobiliers engagés qui offrent un logement décent aux Marocains.
De son côté, le conseiller parlementaire Mohamed Hamami a évoqué le programme gouvernemental dans le cadre duquel le gouvernement s'est engagé à construire 800 000 logements d'ici 2021, afin de réduire le déficit et d'éradiquer toutes les formes de logement insalubre, mais le sort de cet engagement gouvernemental reste flou à ce jour. Il a souligné que le gouvernement avait promis de faciliter l'accès des classes pauvres et moyennes à un logement décent par le biais de facilités, sans toutefois dévoiler les mesures prises. De même, l'ancien ministre du Logement s'était engagé à réfléchir à l'adéquation des offres de logement social afin qu'elles répondent aux besoins des différentes catégories de population et à leur situation financière.
El Hamami a souligné que le parti ayant obtenu la confiance des citoyens s’était également engagé, dans son programme électoral, à veiller à ce que les personnes souhaitant accéder à la propriété puissent bénéficier de prêts sans intérêt selon des critères précis. Il a déclaré à ce sujet : « Malheureusement, on peut affirmer que le programme de ce gouvernement n’a pas profité aux familles, en particulier celles qui vivent dans des bidonvilles et des logements délabrés, De plus, la contribution du gouvernement au programme de logements dont la valeur a été fixée entre 140 000 et 250 000 dirhams reste dérisoire ».
De son côté, M. Hamidi a adressé une question au ministère de la Reconstruction, du Logement et de la Politique urbaine concernant la diminution notable des espaces verts que connaissent de nombreuses villes, ce qui constitue une violation flagrante des plans d'aménagement et des droits des citoyens à un environnement sain. Il a souligné que la politique urbaine reste absente de ce ministère, dont le nom est pourtant grandiloquent, mais qui reste un fardeau pour l'État en raison des nombreux problèmes que connaît le secteur de la reconstruction dans notre pays.
Face à cette situation préoccupante, M. Al-Hamidi s'est interrogé sur les raisons du non-respect des plans d'aménagement des espaces verts, les citoyens étant contraints de parcourir de très longues distances pour trouver un espace de détente pour eux-mêmes et leurs enfants, soulignant que le rôle des agences d'urbanisme reste limité aux permis de construire et qu'elles n'apportent ni contribution ni empreinte à la politique de la ville et à l'aménagement des espaces.
Quant à Fatima Al-Zahraa Bentaleb, elle a interrogé le ministre du Travail et de l'Insertion professionnelle sur les mesures prises par le ministère pour garantir les droits des salariés face aux répercussions économiques et sociales de la crise du coronavirus, soulignant que ces répercussions auront des conséquences négatives sur le marché du travail et la situation des salariés, telles que la perte d'emploi, la baisse des revenus ou leur versement tardif, On prévoit la perte de plus de 700 000 emplois en 2020 et une hausse du taux de chômage à 14,8 %.
« Les difficultés touchent principalement les travailleurs du secteur privé et du secteur informel, ainsi que les personnes directement affectées par la pandémie en raison des fermetures ou de la baisse du chiffre d’affaires des entreprises », a déclaré Mme Bentaleb, ajoutant : « Il n’est pas possible de résoudre cette problématique à long terme, d’autant plus que le gouvernement est une partie tierce dans la gestion de la crise, aux côtés des employeurs et des salariés », se demandant « Dans quelle mesure le gouvernement sera-t-il en mesure de continuer à soutenir cette catégorie si les répercussions de la crise dépassent les périodes de soutien, et quelles mesures supplémentaires seront prises pendant la phase de vaccination pour éviter une crise temporaire, préserver les emplois, éviter les licenciements et mettre en place les mesures d’incitation nécessaires pour les entreprises nationales ? »
Sarah Al-Ramshi